L’éditorial d’Alain Sotto : « Tous préfèrent réussir »

L’éditorial d’Alain Sotto : « Tous préfèrent réussir »

On aime apprendre dès lors que l’on sait pourquoi et comment apprendre.

Un grand nombre d’enfants sont en souffrance scolaire, d’autres font leur travail correctement mais sans éprouver de joie. Ils manquent de motivation, de projet. Comment feront-ils, au sortir de l’adolescence, bac en poche ou non, pour poursuivre des études ou encore conquérir le monde du travail ?

Il serait illusoire de croire que soudain ils vont aimer travailler, faire les efforts qu’il faut pour mémoriser ou réfléchir… Bien entendu, il y a les heureux qui, grâce à une rencontre, quelle qu’elle soit, trouvent à un moment dans leur scolarité, le déclic qui va transformer le pensum scolaire en un apprentissage, lequel certes requiert des efforts, mais apporte aussi de la joie. De la joie ?

Mais oui, il y a de la joie à travailler, il y a de la joie à réussir. Il y a de la joie à réussir quelque chose qui a demandé des efforts. Encore faut-il savoir pourquoi on doit faire ces efforts, savoir où porter ses efforts. Il importe de souligner que nombreux sont ceux à ne pas aimer une activité tant qu’ils échouent à la bien pratiquer : savoir comment s’y prendre les aide à être motivé. Rien ne sert de gaver l’apprenant de savoirs : il est des enfants qui répètent depuis des années la même règle et qui, cinq ou six ans plus tard, ne la comprennent pas, ne savent pas l’appliquer. Ne vaut-il pas mieux les responsabiliser, leur apprendre à penser, à mémoriser, leur apprendre à apprendre ?

Et si on leur disait comment réfléchir, car on ne réfléchit pas de la même façon selon la tâche à accomplir, mais cela le savent-ils ? qui le leur apprend ?
Alors que faire concrètement avec l’enfant à s’intéresser à ce qu’il est, à ce qu’il fait et pas seulement à son travail scolaire ; lui apprendre à regarder, à penser par lui-même, à s’approprier le monde, à se faire une opinion, à devenir curieux. On l’aide à se sentir concerné, à acquérir des méthodes performantes, on reconnait ses efforts, on exprime sa confiance en sa capacité de réussir, on montre de l’enthousiasme quand on travaille avec lui.

A la base de tout effort, il existe un intérêt ou une nécessité : aussi l’apprentissage doit-il avoir un sens pour l’enfant.

Pour que l’enfant s’implique dans ce qu’il apprend, il faut qu’il ait un projet personnel, un projet de vie, qui donne un sens à son apprentissage. Ce projet n’est pas celui de l’élève, mais de l’enfant. L’enfant se projette vers l’avenir, il y projette une image positive de lui-même, et c’est la coïncidence entre son projet et son apprentissage qui donne le sens à cet apprentissage. Pour prendre forme, ce projet doit coïncider avec celui de la famille, de ceux qui sont proches effectivement. Un enfant se tend vers l’avenir s’il peut imaginer, même confusément, inconsciemment, cet avenir. Sans sécurité affective, sans confiance en ce que l’on est, il n’y a pas de futur possible, et sans futur, aucun projet de vie ne peut émerger.

1 commentaire

  1. Très bel article, merci beaucoup.

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